Les Rouliers 2018
Le voisin de Montbenault, et pas son cadet : soixante-dix ares de chenin au pied du coteau, sur la même roche volcanique, mais à l'abri du vent. Le vin y gagne en rondeur ce qu'il concède en tension : fruits jaunes mûrs, miel sec, une bouche large et caressante que le sel vient toujours rattraper en finale. Le 2018, millésime chaud et généreux en Loire, pousse encore le curseur vers la rondeur : c'est la version la plus solaire du lieu.
Richard Leroy a quitté la banque en 1996 pour quelques hectares à Rablay-sur-Layon, et en est devenu, en autodidacte, l'une des références absolues du chenin sec de Loire. Biodynamie sur les deux parcelles, aucun soufre ajouté, et depuis 2008 le refus tranquille de l'appellation. Ici tout tient dans très peu de bouteilles, et elles partent souvent avant même d'être arrivées.
NOUS L’AVONS CHOISI POUR
Le dimanche où l'on cuisine pour de vrai, une volaille dorée qui sort du four et la bouteille déjà ouverte sur le plan de travail : c'est un vin qui aime les maisons qui sentent bon.
Les Rouliers : le chenin du bas du coteau, plus rond et plus mûr, miel sec et fruits jaunes, avec le sel qui rattrape toujours la finale. Un peu plus abordable que Montbenault dans sa jeunesse, tout aussi sérieux. Il s'accordera très bien avec :
- Volaille rôtie : peau dorée, jus simple : l'accord dominical par excellence.
- Poisson de rivière : sandre ou brochet, beurre blanc.
- Saint-jacques : juste snackées, purée de céleri.
- Chèvres demi-secs : et un comté encore jeune.
- Cuisine d'automne : courge rôtie, champignons, noisettes.
- Curry doux de légumes : la rondeur du vin encaisse les épices douces.
À éviter : le service trop froid et les plats vinaigrés ; et de le boire à la va-vite : donnez-lui vingt minutes d'air pour qu'il livre sa deuxième couche.
Nous avons confiance en vous. Consommez nos vins avec modération.
| Producteur: Richard Leroy |
Richard Leroy
Richard Leroy était banquier à Paris et animait un club d'œnologie quand il a tout quitté : en 1996, avec Sophie, il achète deux hectares de chenin à Rablay-sur-Layon, dans l'Anjou noir. Le lieu-dit s'appelle Les Noëls de Montbenault, un coteau venté posé sur des rhyolites volcaniques et des schistes décomposés, et il apprend le métier seul, sur le tas. Il fait du liquoreux jusqu'en 2005, puis bascule vers le sec après avoir goûté les blancs de Mark Angeli, et ne signe plus que deux vins : Montbenault et Les Rouliers, soixante-dix ares au pied du coteau. Le soufre, il l'a utilisé en micro-doses jusqu'en 2010, puis plus du tout. Et quand dix ans d'efforts pour faire reconnaître une hiérarchie de premiers crus en Anjou n'ont abouti à rien, il a préféré déclasser ses vins en simple Vin de France plutôt que de les discuter. Moins de trois hectares, deux cuvées, et le monde entier qui les cherche.