Les Noëls de Montbenault 2021
Chenin pur, né sur deux hectares perchés en haut du coteau du Layon, là où la terre est si mince que la rhyolite volcanique affleure entre les ceps. Le vin en garde une tension droite comme un fil : coing, cire d'abeille, écorce d'agrume, un fumé de pierre chaude, et une salinité qui s'allonge longtemps après qu'on a reposé le verre. Le 2021 fut une année froide et minuscule en Anjou, entre gel et mildiou : il en sort un chenin ciselé, d'une droiture presque austère, qui ravira les puristes et récompensera la patience.
Richard Leroy était analyste financier et animait un club d'œnologie à Paris. En 1996, il achète avec Sophie deux hectares de chenin à un couple de paysans qui livrait sa récolte à la coopérative, puis apprend le métier seul, sur le terrain. Biodynamie, aucun soufre ajouté, et depuis 2008 des étiquettes en simple Vin de France : il a préféré quitter l'appellation plutôt que de discuter ses vins. Moins de trois hectares en tout ; le monde entier les cherche.
NOUS L’AVONS CHOISI POUR
Les bouteilles qu'on n'ouvre pas pour un plat, mais pour quelqu'un. Un ami qui comprend, deux grands verres, une heure devant soi : le reste de la table peut attendre, et il attendra.
Les Noëls de Montbenault : chenin sec de rhyolite, coing, cire et fumée de pierre, une salinité interminable. Un vin de gastronomie autant que de méditation, à servir dans un grand verre et jamais glacé. Il s'accordera très bien avec :
- Homard et langoustines : rôtis au beurre demi-sel ; l'iode répond au sel du vin.
- Ris de veau : dorés, morilles à la crème : l'accord de grande occasion.
- Turbot ou saint-pierre : cuits sur l'arête, jus court, rien de plus.
- Volaille à la crème : poularde et champignons de saison, un classique imbattable.
- Comté de longue garde : et vieux chèvres secs de l'Anjou.
- Rien du tout : sur les grands millésimes, il se suffit à lui-même.
À éviter : les sauces sucrées, le piment marqué et le service glacé : à 6 °C on perd tout. Visez 11-12 °C, carafez les jeunes, laissez les vieux s'ouvrir doucement dans le verre.
Nous avons confiance en vous. Consommez nos vins avec modération.
| Producteur: Richard Leroy |
Richard Leroy
Richard Leroy était banquier à Paris et animait un club d'œnologie quand il a tout quitté : en 1996, avec Sophie, il achète deux hectares de chenin à Rablay-sur-Layon, dans l'Anjou noir. Le lieu-dit s'appelle Les Noëls de Montbenault, un coteau venté posé sur des rhyolites volcaniques et des schistes décomposés, et il apprend le métier seul, sur le tas. Il fait du liquoreux jusqu'en 2005, puis bascule vers le sec après avoir goûté les blancs de Mark Angeli, et ne signe plus que deux vins : Montbenault et Les Rouliers, soixante-dix ares au pied du coteau. Le soufre, il l'a utilisé en micro-doses jusqu'en 2010, puis plus du tout. Et quand dix ans d'efforts pour faire reconnaître une hiérarchie de premiers crus en Anjou n'ont abouti à rien, il a préféré déclasser ses vins en simple Vin de France plutôt que de les discuter. Moins de trois hectares, deux cuvées, et le monde entier qui les cherche.